film de Gérard Oury, sorti en 1965
Le Corniaud (en italien : Colpo grosso ma non troppo, littéralement Gros coup, mais pas trop) est un film comique franco-italien coécrit et réalisé par Gérard Oury, sorti en 1965. Le titre use d'un terme d'argot francophone désignant un personnage niais.
Dans cette première comédie du réalisateur, le scénario s'inspire d'un épisode du démantèlement de la « French Connection », l'affaire Jacques Angelvin, un présentateur de télévision arrêté aux États-Unis en 1962 au volant d'une Buick provenant de France qui dissimulait un stock d'héroïne pure ; Angelvin clame son innocence et prétend avoir été dupé. Le film raconte le voyage de Naples à Bordeaux du Parisien naïf Antoine Maréchal à bord d'une Cadillac DeVille décapotable, un parcours touristique offert en dédommagement d'un accident par l'homme d'affaires Léopold Saroyan. Sans le savoir, le touriste transporte une cargaison cachée de drogue, d'or et de pierres précieuses volés, sous la surveillance attentive du véreux Saroyan et de malfrats rivaux.
Selon le réalisateur, « le corniaud sera Bourvil au début puis Louis de Funès à l'arrivée ». Bourvil, alors à l'apogée de sa carrière, livre son rôle classique de benêt, finalement moins naïf qu'il n'y paraît, à travers Antoine. Léopold Saroyan, le gangster, est joué par Louis de Funès, dont la popularité connaît à cette époque une fulgurante ascension grâce aux films Le Gendarme de Saint-Tropez et Fantomas. Ce duo comique, jusqu'alors inédit en tête d'affiche, est entouré de Venantino Venantini, Alida Chelli, Beba Loncar, Jacques Ferrière et Jean Droze.
Gérard Oury et le producteur Robert Dorfmann s'accordent à dépasser les standards des comédies françaises d'alors, en proposant un road movie aux moyens assumés, une superproduction en couleurs et en décors naturels, conçue par des techniciens réputés. Le tournage a lieu en Italie, de Naples à Vintimille en passant par Rome, puis en France, notamment à Menton, à la Cité de Carcassonne, à Paris et aux studios de Billancourt, d' à . Ambitieuse, la production dépasse largement son budget, d'un montant inhabituel pour une comédie en France.
À la sortie en salles en , la critique, dans l'ensemble favorable, salue un cinéma commercial soigné. Triomphe populaire, le film rassemble 11,7 millions d'entrées, terminant en tête du box-office français de l'année 1965. Forts de cette réussite, Oury, Bourvil et Funès se retrouvent dès l'année suivante pour La Grande Vadrouille. Le Corniaud demeure un « film culte » du cinéma comique français, régulièrement diffusé à la télévision.